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Recueil de contes héossiens
Recueil de contes héossiens posté le [24/01/2023] à 00:44

Bonjour,


Pour l'une des joueuses de mon groupe qui se reconnaîtra en lisant, j'ai écrit, mis en forme, et illustré un recueil de 5 contes et fables de la culture héossienne.

Je me suis limité à 5 pour des raisons de timing, mais il était prévu d'en faire beaucoup plus, dont je garde les idées et premiers jets en réserve bien au chaud. Je n'ai pas vraiment suivi les structures théoriques et les archétypes de contes, par manque de temps, et parce que je n'y ai pas pensé sur le moment, y allant plutôt au feeling.


L'idée est bien évidemment d'en écrire plus, d’inspirations variées, avec la participation de ladite joueuse. Il y a encore énormément de thématiques ou de codes du conte que je n’ai pas utilisés, et qu’on abordera ensemble.


En terme de lore et de jeu, ces contes et beaucoup d'autres ont été regroupés par un ygwan renaissant érudit et artiste des rivages, Drinf'ask "Yliphaar" (quolibet signifiant "ami bavard", du peuple boréal où il s'est intégré).

Il agit depuis des décennies sur Héos, voyageant et conservant par écrit le plus possible d'histoires du folklore héossien, de la contre-culture nécrosienne, si tant est qu'elle existe, et même des rares bribes de la culture humaine qui peuvent avoir survécu au voyage sur Arche II grâce au bouche à oreille.

Personnage légendaire, son nom peut avoir été entendu par les écrivain.e.s et érudit.e.s de l'histoire d'Héos, et je vous invite à l'intégrer à vos parties ou à l’évoquer si vous le souhaitez.


Voici la liste des contes et leur pitch respectif, nous n’avons pas encore décidé si nous les partagerons en intégralité puisque c’est au départ, eh bien… un cadeau personnel, mais c’est négociable si vous êtes gentils :


Le Conte des Trois Amis : fable shaanique et moraliste narrant la rencontre énigmatique entre un monstre nécrosé et un Shaani de trois amis, chacun associé à un Trihn

La folie des prétendants : conte aux revendications féministes, sur une princesse darken qui refuse le mariage arrangé, clairement une inspiration Princesse Kaguya / Peau d'Âne / Contes des Mille et une Nuits…

Le Grand Méchant Woon : origin story de cette célèbre Incarnation déca-millénaire, et pourquoi un chasseur woon est devenu l'entité la plus crainte des enfants héossiens. (spoiler : parce qu’on l’a clairement pris pour un jambon de dle’rgh). En quelque sorte la version héossienne et mixée du Petit Chaperon Rouge et des Trois Petits Cochons.

Kaya-Ling, fille de la Lune, et la musique de la Lumière : l'histoire poétique de la lune Ling qui chante pour consoler le soleil Ön

– Une comptine nécrosienne : pas grand chose à dire, c’est dark, c’est nécrosien, c’est torturé, et c’est touchant parce qu’on perçoit le petit espoir de retrouver son Âme…


N’hésitez pas à poser des questions si ça vous intéresse, et à proposer vos idées.

Ça pourrait être super cool de recenser plein d’histoires du genre à l’échelle de la communauté.


Des bisous.


Recueil de contes héossiens posté le [24/01/2023] à 10:07

Ooh, on est très gentils, on est très gentils, promis !

Tu en as trop dit ou pas assez 😉

Blague à part, on respectera bien sûr votre choix de les partager ou non, mais c'est très cool ce format de conte pour parler de l'univers de Shaan.


Recueil de contes héossiens posté le [24/01/2023] à 20:51

Ouiiiiii, raconte-nous des histoooooires….


Recueil de contes héossiens posté le [25/01/2023] à 22:45

Okok, bon bah c'est parti pour les histoires alors haha

(Effectivement j'en ai dit trop pour vous laisser comme ça, ce serait très frustrant 😳 )


Sous quel format serait-ce le plus confortable ?

Un lien de GDoc fera l'affaire, ou je les partage ici en commentaires individuels ?


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 13:49

Cool, comme tu veux pour le format de partage, soit en post dans ce sujet de forum, soit en doc partagé, ça fait le job aussi 😉


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 18:20

Le Conte des Trois Amis (fable shaaniste, origine inconnue)


(note : L’histoire a plusieurs versions, la race et le genre des amis ne sont pas définis. Dans la version la plus connue ils forment un Shaani, mais pas dans d’autres.)


Il fut un beau jour, à la lumière d'Ön, un Shaani formé de trois amis très proches. Chacun avait une maîtrise particulièrement poussée de ses domaines de prédilection, et ils aimaient parcourir Héos pour se mettre au défi et apprendre de leurs rencontres.

Lors de l'un de ces voyages de par le monde, le groupe dût emprunter une longue route tortueuse coupant à travers un défilé rocheux. Celui-ci, dont les ravines étaient traîtresses et escarpées, ne se laissait traverser que par cet unique chemin. C'est ici, à un passage particulièrement étroit, qu'avait choisi une créature pernicieuse pour s'installer. Au détour d'un virage, les trois amis arrivèrent en vue du monstre.

Bien que n'étant pas physiquement repoussant, il n'inspirait pas confiance, et ses motivations semblaient abjectes. Bien évidemment, il leur barrait la route.

"Si tu veux passer, dit-il au Shaani d'une voix mielleuse, montre-moi ce dont je ne suis capable."


Le guerrier, qui était également un éclaireur chevronné, tenta d'abord d'utiliser ses sens, pour détecter un potentiel danger caché, puis il fit appel à ses Éléments pour s'octroyer de la force. Il proposa au reste du shaani de ne pas se déranger pour cette simple rencontre, empoigna son impressionnante hache darken, et rassembla son courage pour faire ce qui devait être fait. D'un mouvement leste et traduisant d'une grande expérience au combat, il entreprit de décapiter la créature. Celle-ci, d'une apparence pourtant malingre, esquiva avec aisance, tout en assénant un coup traître, déséquilibrant le guerrier, qui trébucha, cul par-dessus tête. Puis, elle se tourna vers les deux autres, son visage arborant toujours son odieux sourire.


L'érudit, quant-à-lui, qui était également célèbre pour son talent inventif, et très fin négociateur, avait compris bien vite que l'entité qui leur faisait face était beaucoup plus subtile que cela. Il tenta donc d'amadouer la créature. Il lui tendit d'abord une de ses œuvres de joaillerie, trésor de finesse et d'habileté, assemblage réfléchi de formes et matériaux, en affirmant que l'autre n'était sûrement pas capable de ça, puisque seuls les plus grands artisans, connus du monde entier, pouvaient créer de telles choses. Le monstre ne se fit pas prier pour montrer une œuvre soi-disant de sa propre création. Celle-ci était un objet d'une qualité incommensurable, une merveille de complexité, à la fois décorative et utilitaire.

Quelque peu vexé, l'érudit adopta une autre stratégie, et tenta d'user de sa rhétorique et de sa diplomatie. Après plus d'une heure de débat, dont le sujet hautement philosophique avait remis en question à peu près toute la science, la sociologie, et la culture du siècle dernier au moins, l'érudit dût finir par admettre qu'il n'y arriverai pas. Le monstre avec qui il venait de partager cette intéressante conversation avait tout simplement tous les arguments capables de contrer un à un les points qu'il avançait. Humilié d'avoir été vaincu à son propre jeu, l'érudit se retira, tout en maugréant dans sa barbe une citation d'un philosophe ygwan d'il y a mille ans…

Le sourire de la créature était encore beaucoup plus large lorsqu'elle se tourna vers le troisième compère.


Amusé, le magicien-shaaniste avait assisté avec attention, et écouté avec intérêt le combat et le débat précédents. Il se dit tout d'abord qu'il lui paraissait assez inutile de tenter d'impressionner la monstruosité avec une démonstration artistique, bien qu’il soit particulièrement doué pour transmettre ses émotions dans une œuvre. La magie, quoique tentante pour faire face à ce genre de situations, ne semblait intuitivement pas être non plus la solution. Non, il fallait faire preuve d'autre chose, c'était une évidence. Il réfléchit pendant quelques secondes, concentré à déchiffrer les motivations, pensées, et névroses de la créature.

"Es-tu capable du rien ?", lui demanda-t-il.

Abasourdi, le monstre sembla si surpris qu'il mit quelques secondes à répondre.

– Qu'entends-tu par-là ? Je suis capable de tout, j'ai tout vu, tout expérimenté, tout appris. Toi et tes comparses ne maîtrisez qu'un millième de ce que je sais faire.

– Justement. Ne t'es-tu jamais dit que n'être rien, l'espace d'un instant, est bien moins épuisant ? Je te sens exténué de vouloir sans cesse être tout. Je te sens nu de vouloir paraître habillé aux yeux du monde, je te sens bègue de ne pas vouloir te taire. Expérimente le rien. Apprivoise la non-pensée.

L'entité se plongea dans une réflexion intense. Non, elle n'avait jamais pensé à cela. Il lui fallait connaître le rien. Elle s’assit et commença sur le champ.


Tranquillement, le shaaniste fit signe à ses comparses, qui ramassèrent leurs affaires, et traversèrent le passage, après un dernier regard à la créature. Celle-ci était concentrée à ne rien faire, et il semblait qu'elle était aussi très douée pour ça ! On dit que plus jamais le passage ne fut bloqué, et que le monstre, après des siècles à s'affairer à n'être rien, finit simplement par cesser d'exister.


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 18:21

La folie des prétendants (conte traditionnel cosmopolite, par Ss'rhii’zakh)


Il fut un beau jour, à la lumière d’Ön, une jeune princesse darken qui était très belle, et avait bien d’autres qualités ; elle avait une vraie force de caractère, et de l’esprit infiniment. Très douée dans tous les domaines, éloquente, elle faisait aussi preuve d’empathie et d’une grande intelligence.

Son père voulut la marier, et il invita des courtisans à se présenter. Mais elle refusait de se plier à cette idée, appréciant la vie comme elle l’était, et ne voulant pas devenir l’objet précieux d’un quelconque galant. Elle savait que si ces nobliaux la désiraient, c’était pour sa beauté et son statut, non pour sa personne, et qu’elle servait d’objet de collection et d’exhibition à leur côté.


Le prétendant de l’Ouest commença par faire remarquer d’un air contemplatif que les yeux de la princesse étaient aussi profonds et intenses que les Saphirs du fond de l’Océan Abyssal.

Le prétendant du Nord apprécia la légèreté de sa voix et la pureté de son souffle, qui étaient, disait-il, aussi éthérés que les êtres de lumières du Fjord Étincelant.

Le prétendant de l’Est fit l’éloge de ses cheveux, dont les reflets mordorés, d’après-lui, évoquaient ceux de la première ambre noire de l’Arbre-Monde.

Le prétendant du Sud loua l’incommensurable finesse de ses traits, et la compara à celle des cristaux de sable antiques des cavernes profondes et perdues de l’Akeneï.


Ils ne se privèrent pas non plus de complimenter tous les quatre la gentillesse, l’intelligence et la grandeur d’ me de la jeune fille, qui soi-disant les avait émus.


La princesse ne se laissa pas prendre par la flatterie. Elle releva tout d’abord qu’il était particulièrement intéressant que ces quatre nobles ne tarissent d’éloges sur son esprit, alors qu’il ne lui semblait pas les connaître du tout.

Puis elle leur proposa un défi pour prouver l’honnêteté de leurs déclarations, et déterminer celui qui allait être son futur époux. Il leur fallait chacun ramener, comme preuve de leurs sentiments, un échantillon de tous ces artefacts précieux et magnifiques de leurs compliments.

Les prétendants se regardèrent, horrifiés, car tout ce dont ils avaient parlé, aussi bien les uns que les autres, était d’une rareté inénarrable.

– Êtes-vous sûre de la pertinence d’un tel concours, ma dame ? s’enquit le prétendant de l’Est.

– Vous savez, nous pourrions nous départager d’une autre manière, qui justifierait de notre esprit, ou de quelque autre qualité, tenta audacieusement le prétendant du Sud.

– Je suis certaine de mon choix, répondit la princesse, intraitable. Celui d’entre vous qui m’offrira un saphir abyssal, un être étincelant, une ambre noire originelle, ou un cristal de sable ancestral, gagnera ma reconnaissance de son engagement et de sa dévotion, et je me verrai être sienne à jamais.


Le prétendant de l’Ouest se mit en route vers un port des îles d'Ayala, afin d’y rassembler un équipage motivé à braver l’océan. Le prétendant du Nord, quant à lui, partit en solitaire en direction du Kamsha, afin de localiser le légendaire Fjord Étincelant. Le prétendant de l’Est s’en alla se perdre dans les méandres des bibliothèques du Nem-Rod, avec l’idée d’apprendre où étaient conservées les ambres originelles de l’Arbre-Monde, et comment s’en procurer une. Enfin, le prétendant du Sud prépara son expédition pour explorer les crevasses traîtresses et dangereuses du désert Akeneï.

La princesse se réjouit temporairement d’avoir eu cette idée qui reculait l’heure fatidique où il lui faudrai épouser l’un de ces freluquets.


De nombreux mois plus tard, le prétendant de l’Ouest se présenta à la princesse, avec un magnifique joyau dont l’infinité du bleu et l’intensité étaient captivantes. Elle l’admira, réellement impressionnée, puis demanda à l’homme comment il avait franchi les frontières de la puissante nation nécrosienne qui régnait au fond de l’océan. Il ne sut répondre, et la princesse fit appel à un géologue renommé qui inspecta le saphir plus en détail. Il en conclut que la pierre, bien qu’admirable et d’une grande valeur, n’était pas un saphir abyssal. Le prétendant détala, de peur de représailles à l’encontre de sa noble tête, après la découverte de sa supercherie, et l’on ne le revit plus jamais.


Il va sans dire qu’il en advint de même pour les prétendants du Nord et de l’Est, qui tentèrent d’amadouer la princesse avec des babioles, et échouèrent à duper celle-ci, qui n’était pas née de la dernière Saison des Pluies.

Le prétendant du Sud quant-à-lui, connut un destin tragique, dans sa volonté déraisonnable de faire du zèle pour séduire la princesse, afin qu’elle lui appartienne. Alors qu’il fouillait une crevasse en plein désert avec l’équipe qu’il avait assemblé pour l’aider à cette tâche, son lien rompit, et il glissa dans un gouffre sans fond.

La jeune fille, apprenant la nouvelle, et n’ayant jamais souhaité ceci, fut choquée. Elle se sentit responsable de la tragédie, et s'attrista de la folie des hommes lorsqu’il s’agissait de posséder quelque chose d’une grande beauté et d’une grande valeur.

Ceux-ci, pourtant dénués de sentiments sincères, étaient prêts à mentir à leur future femme, et même à mourir, juste parce que cette dernière représentait un idéal qu’ils désiraient.


Alors la princesse, comprenant qu’on ne la laisserait tranquille tant qu’elle n’aurai pas trouvé chaussure à son pied, revêtit des vêtements de voyage, fit ses adieux à sa nourrice et à ses précepteurs, et partit dans la nuit. Puisque d’autres auraient voulu décider de sa vie à sa place, elle ne leur en donna pas l’occasion. L’on dit qu’elle voyagea de par le monde, rencontra éventuellement son Âme sœur, et vécu heureuse jusqu’à la fin de ses jours.


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 18:22

Le Grand Méchant Woon (légende cosmopolite, origine mélodienne suspectée)


Tout le monde en Héossie connaît le nom du Grand Méchant Woon, et nombre d’enfants en font des cauchemars, depuis la nuit des temps.

Au commencement de son histoire, il était déjà très grand, même pour un woon, mais pas particulièrement méchant.


Alors qu'il vagabondait au détour d'un chemin forestier, transportant l'abondant produit de sa chasse pour le vendre, il aperçut une petite kelwin, vêtue d'un manteau à capuchon coloré. Celle-ci se dirigea vers lui d'un pas décidé, et ayant vu qu'il était relativement sans-le-sou, lui proposa de venir partager un repas chez sa grand-mère.

"Nous y avons préparé quelques galettes, ainsi qu'un pot de crème." lui dit-elle, ce qui allécha fort le woon qui vivait dans une cabane misérable et n'avait pas mangé de bon repas depuis quelque temps.


Il accepta, et ils se mirent en route vers la maison de la grand-mère, qui était dans la forêt voisine. À leur arrivée devant la demeure, la petite heurta la porte : toc, toc.

Qui est là ?

– C'est votre petite fille, je vous apporte quelques victuailles, ainsi qu'un avenant gentilhomme pour qu'il partage notre repas.

La mère-grand, qui était aux fourneaux, lui cria :

– Tire la chev…

– Oui je le sais bien, mère-grand, la chevillette, afin que la bobinette puisse choir. C'est moi qui ai réparé la première, et huilé la seconde.

La petite kelwin tira la chevillette, et la porte s'ouvrit. Ils se mirent rapidement à table, et alors qu'ils mangeaient et que le woon se régalait, la petite kelwin s'excusa de devoir s'absenter quelque temps.

Lorsqu'elle revint un peu plus tard, elle était accompagnée de 3 bûcherons, qui étaient de gros et gras ygwans. Elle désigna le woon, en criant :

– Voici l'agresseur dont je vous ai parlé ! Il me vola, et nous menaça afin qu'on lui offrit à manger, ma grand-mère et moi. Il ne faut jamais faire confiance aux vagabonds.


À ces mots, les 3 bûcherons bondirent sur le woon, et le capturèrent comme un animal sauvage. Ils l'humilièrent et le traitèrent comme une méchante bête, et la petite kelwin ne se priva pas de s'emparer du gibier qu'il avait lui-même chassé.


Dès lors, le grand woon se dit que si l'on souhaitait de lui qu'il soit méchant, il en serait ainsi.

Il commença par se venger des trois gros bucherons, qui – soit dit en passant – étaient frères, en détruisant leurs maisons respectives. Puis il alla rendre visite à la petite kelwin et sa grand-mère. On raconte qu'il arriva au moment où elles riaient de ce qu'elles lui avaient fait, et personne ne sait ce qu'il advint d'elles.


Quand on parle du Woon, on a tôt fait d'en voir les poils, et ce n'est pas parce qu'on crie au woon qu'on ne risque pas d'être vengé.


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 18:27

Kaya-Ling, fille de la Lune, et la musique de la Lumière

(conte feling, par Bruit de la Mer dans les Coquillages)


Furent des temps immémoriaux, dont plus personne ne se souvient, et durant lesquels les sels et les entrailles d'Héos étaient en constante évolution. Héos la belle, Héos qui allait abriter la vie. Héos qui bénéficiait de la surveillance de ses Lunes Win, Aken et Ling, et de la protection d'Ön. Ce dernier, majestueux, apportait sa lumière contre les ténèbres.

Un jour, ou plutôt, une nuit, cette lumière s'éteint.

Nul ne sait combien de temps dura cette nuit, puisqu'à l'échelle d'une étoile, une décennie ne veut rien dire.


Les trois Lunes s'inquiétèrent pour Héos. Certes, Ön étendait aussi son influence sur d'autres planètes, mais Héos était la leur, et surtout celle qui parmi les autres avait été choisie pour devenir le foyer de la vie. Win, quoique inquiète, se remit rapidement à ses travaux dont nul ne connaît la nature. Aken feintait la neutralité, mais il ne fait aucun doute qu'elle était rongée par la peur, et d'autres sentiments d'une extrême vivacité. Ling, quant-à-elle, était infiniment attristée par l'état du monde, et se dit que la situation ne pouvait demeurer ainsi. Elle choisit de partir à la recherche de la lumière d'Ön. Mais elle ne pouvait quitter sa place, pour ne pas déséquilibrer le cours de l'univers, alors elle rêva. Elle se rêva une fille, du nom de Kayanilumaï-Talaqt'Ön-ElisilweLing, que l'on appelle plus simplement Kaya-Ling.


En premier lieu, Kaya-Ling devait trouver Ön. Il est évident que lorsqu'il brille, on ne peut le rater, mais il était invisible lors de cette nuit éternelle. Elle parcourut l'espace à sa recherche, interrogeant les comètes, qui toutes étaient terrorisées de l'absence de leur soleil. Elle fit son possible pour profiter de son voyage, n'ayant jamais eu l'occasion de sortir de sa trajectoire auparavant. L'exploration de Kaya-Ling la mena vers la bordure extérieure du Wootaneï, l'influence d'Ön, dans cet absolu vide où seules s'aventurent les novas, et où les étoiles règnent en maîtres. Là, la fille de la petite Lune bleutée se sentit minuscule, et se demanda si l'univers avait ne serait-ce que remarqué son existence.


Ön se trouvait quelque part au point de rencontre bi-séculaire entre la trajectoire hivernale de Lod et la comète Z'ihel, mais ceci n'a que peu d'importance.


Ön pleurait, il pleurait la mort de sa sœur, l'étoile Jrûn. Mais une étoile peut-elle vraiment mourir ?

La mort d'une étoile n'est-elle pas le début d'un nouveau monde, dont les océans ne sont que les larmes, émotions de sa naissance, miroirs de sa tristesse ?


Alors Kaya-Ling chanta. Puisqu'il s'agissait de tristesse, elle chanta celle-ci. Elle chanta toute son Âme, et toute sa compassion pour l'étoile en deuil. Elle n’était en fait que l’extension de Ling elle-même, qui chantait par elle. Entendant cette plainte capable d'enseigner la signification de désespoir à l'univers entier, Win et Aken regrettèrent de ne s'être jointes à la quête de Kaya-Ling. Win, de là où elle était, associa son ingéniosité à la composition, et élabora une rythmique qui sublimait le chant de Ling. Aken préféra chercher dans ses sentiments les plus viscéraux, et les laissa guider son geste, alors qu'elle sculptait son désespoir et sa peur, traduits en colère, dans le relief des roches héossiennes.


Et Ön écouta. Il écouta paisiblement le requiem dédié à sa sœur, musique dont la beauté perçait le silence de l'infini astral. Il écouta pendant très longtemps, puis cessa de pleurer. Il accepta de répandre sa lumière à nouveau, pour qu'elle brille dans la profonde éternité des Limbes.


On dit que ce sont les larmes d'Ön qui créèrent les océans, et que ce sont les gestes violents d'Aken qui façonnèrent les montagnes d'Héos. On dit aussi que ce sont les soupirs de Win qui amenèrent le vent.

On dit enfin que Ling, dans son interprétation de la Musique de la Lumière, créa la plus belle chose dont l'univers fût jamais témoin.


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 18:28

Sans Titre (Comptine nécrosienne, auteur inconnu)


La forêt semble triste, tout était… Tout n'était pas mort, ici.


Battement de cœur.


Faim.

Cette fille était heureuse, je crois.

Musique, Limbes.


Battement de cœur.

La gorge pulse. Je sens son pouls.

Je serre plus fort.


J'ai… Nuit noire contemplative de l’infini… Peur.


Battements s'accélèrent, puis plus rien.


Dernière lumière dans le reflet de ses yeux… Émerveillement.

J'ai oublié la beauté, mais cet éclat m’obsède.


Lui. Je. Hostilité.

J'ai mal, mais elle me fait vivre.

Tout tremble autour.


Nécrose.


Recueil de contes héossiens posté le [26/01/2023] à 18:32

Voilà voilà 🙂

Comme précisé plus haut je suis très preneur de toute question, idée, et / ou critique.


Recueil de contes héossiens posté le [27/01/2023] à 18:28

Ouh, excellent tout ça ! Je n'ai lu que le premier conte pour l'instant, et j'ai beaucoup aimé, merci pour le partage !


Recueil de contes héossiens posté le [29/01/2023] à 22:02

Merci !

Ça fait super plaisir 😀


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